Décentralisation en RDC : OCGL et la Fondation Friedrich Ebert plaident pour une gouvernance locale effective
Alors que de nombreux pays renforcent leur gouvernance décentralisée, la République démocratique du Congo peine à concrétiser cette orientation. La centralisation persistante des décisions à Kinshasa freine le développement des provinces, qui restent confrontées à une précarité institutionnelle et sociale.
Face à ce constat, l’Observatoire Congolais pour la Gouvernance Locale (OCGL), en partenariat avec la Fondation Friedrich Ebert, a organisé une journée de réflexion au Musée national de Kinshasa. Placée sous le thème « Likita : beaux textes, zéro application – quel avenir pour la décentralisation en RDC ? », cette rencontre a réuni des universitaires, des experts de la Cellule Technique d’Appui à la Décentralisation (CTAD) et des acteurs de la société civile pour examiner les freins à la mise en œuvre d’une gouvernance locale efficace.
Repenser l’autorité à partir des territoires
Dans son allocution, Jonathan Shuka, coordonnateur national de l’OCGL, a souligné que la gouvernance locale ne peut se construire sans dialogue régulier, confrontation d’idées et implication citoyenne. Il a présenté la tribune Likita comme un espace d’engagement et de réflexion destiné à refonder l’architecture institutionnelle à partir des réalités territoriales.
Il a appelé à une transformation sociale fondée sur les efforts des communautés locales — villages, chefferies, secteurs, territoires et villes — estimant qu’il est inadmissible, au XXIe siècle, que les 26 provinces du pays demeurent sous la dépendance de la capitale.
Une référence au modèle allemand
Constantin Grund, représentant de la Fondation Friedrich Ebert en RDC, a partagé l’expérience allemande en matière de décentralisation. Il a rappelé que la démocratie sociale allemande repose sur trois piliers : liberté, justice et solidarité, et qu’elle privilégie le renforcement des structures locales et régionales. Ce modèle favorise la coopération entre les institutions publiques et la société civile, tout en rapprochant l’action de l’État des citoyens.
Depuis 2014, l’Union africaine encourage ses États membres à promouvoir la gouvernance locale, la participation citoyenne et une gestion inclusive des affaires publiques. Ces principes sont essentiels pour améliorer l’accès aux services de base tels que l’eau, l’énergie, les transports, la santé, l’éducation et le logement.
Un cadre stratégique en attente d’application
Les experts du CTAD ont rappelé que la RDC dispose, depuis 2009, d’un Cadre stratégique de mise en œuvre de la décentralisation (CESMOD). Ce document repose sur huit principes directeurs : sauvegarde de l’unité nationale, continuité de la vision politique, subsidiarité, solidarité interprovinciale, équité dans la répartition des ressources, participation citoyenne, bon fonctionnement des institutions locales et obligation de reddition des comptes.
Malgré l’existence de ce cadre, son application reste limitée. L’OCGL et la Fondation Friedrich Ebert appellent les autorités congolaises à mettre en œuvre ces principes afin de favoriser une gouvernance locale capable de stimuler le développement et l’autonomie des entités territoriales décentralisées.

Les participants lors de la tribune citoyenne.
CelCom OCGL

Sans une bonne gouvernance locale aucune garantie pour le développement durable entendu ou prôner. Bravo à l’OCGL pour cette lutte noble.